La Prostitution une pratique qui se naturalise peu à peu

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la prostitution est une  » forme d’échange économico-sexuelle, ponctuelle, explicite et préalablement négociée ». Elle est un phénomène présent dans toutes les sociétés humaines. Mais la forme et l’identité de ses pratiquants varient d’une société à une autre. En Guinée, ce phénomène devient de plus en plus inquiétant et touche toutes les générations. Issues de milieux différents et ayant de parcours hétérogènes en terme de socialisation, mais aussi disposant de capital( culturel, économique, social) différent, ces prostituées arpentent aujourd’hui les rues de la capitale et les boites de nuit une fois que la nuit « tombe » sur la presqu’ile.
D’ailleurs, il ya quelques mois selon une publication de Guinée matin, le TPI de Dixinn avait condamné plusieurs personnes à un an de prison ferme pour faits de proxénétisme le 16 Aout 2017. Dans le même ordre d’idées, selon une étude réalisée par l’organisation de la défense des droits de la femme citée par leprojecteurGuinée.com en date du 18 février 2018, 70 % des filles âgées de 17 à 30 ans consommeraient de l’alcool et se prostitueraient pour subvenir à leurs besoins. Ces faits illustrent l’ampleur de ce phénomène dans notre société.
Pour comprendre ce phénomène, votre rédaction a tenté de mener une petite enquête en fréquentant ces milieux et en tendant le micro à quelques prostituées afin de décortiquer les raisons de la naturalisation de ce phénomène, mais aussi les différentes catégories de prostituées.
Sur la base des informations recueillies grâce à l’observation et quelques entretiens, les principaux endroits sont : les bureaux, les boites de nuits ou autres maquis, les maisons « closes » sans oublier les trottoirs de Kipé sur la T2. Sur ce, trois catégories de prostituées se dégagent de notre enquête.
1-les prostituées à « colle blanc » : cette catégorie sévit dans les bureaux des hauts cadres et autres personnalités de la place, cette forme de prostitution est entretenue par une certaine oligarchie ayant un capital économique et social au dessus de la moyenne. Ils entretiennent souvent des rélations avec des petites filles parfois des mineures.
2-Les boites de nuits ou autres bars sont les champs d’action de la deuxième catégorie que nous appelons « filles de nuit ». Leurs places préférées sont les comptoirs et la rentrée des toilettes  à la recherche du « prince dépensier » pour en fin finir la nuit dans le lit de ce dernier.
3-la troisième catégorie est composée de prostituées des trottoirs ou autres motels à la recherche du premier venu, avec un prix très abordable elles sont appelées « prostituées classiques »
Au regard de ces faits, les raisons de ce phénomène peuvent être questionnées en ce sens qu’en l’espace de quelques dizaines d’années, des pratique «invisibles » et « prohibées », se paupérisent et se légalisent peu à peu dans notre société. Elle pourrait  être due à plusieurs facteurs (pauvreté, chômage, cupidité, facilité etc.). Une cliente nous disait « je n’ai pas le choix, ce travail me permet de subvenir à mes besoins et d’aider ma famille qui vit dans une pauvreté extrême » et une autre d’ajouter « moi en plus du fric, je prends mon pied chaque fois que je couche ». À la question de savoir si elles sont prêtes à changer de vie, l’une d’entre elle disait :  « Pour faire quoi ? Pour le moment je suis bien dans ce que je fais  »
Sur ce, eu égard à ces faits, nous constatons qu’il est difficile pour ces prostituées de sortir de cette pratique. Il serait difficile aussi de sortir de cette vision binaire des prostituées considérées soit comme victimes, soit comme hors-la-loi.
En fin, cette pratique doit-elle être interdite, ou bien que faut-il faire pour lutter contre ce phénomène ? Votre rédaction vous laisse le soin de répondre à ces questions.
Bonne lecture à tous



Sonny CAMARA

Administrateur Général


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