Maternité: Certaines femmes subissent tout pour la quête d’enfants.

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De nos jours, les femmes en quête d’enfants vont à la rencontre de médecins mais aussi des guérisseurs traditionnels ou autres vendeurs d’illusion, arnaqueurs ou violeurs en série.

Pour ces femmes en quête désespérée d’enfants, il est très difficile de faire la part des choses. Pourquoi en dépit des risques autant de femmes se tournent vers des imposteurs?

Les affaires Nah Fanta, donneuse de grossesse, en passant par Alseny Sacko, présumé violeur ou encore Niankoye Kolié sont encore présents dans l’esprit des guinéens.

A Conakry, les vendeurs d’illusion foisonnent. Ils ne s’en cachent plus. C’est à ciel ouvert qu’ils charment leurs victimes. Les femmes en difficulté de procréation sont leur cible favorite. Le manège fonctionne à la perfection avec une facilité déconcertante. Les imposteurs se font passer pour des guérisseurs traditionnels.

Le dernier cas révélé a eu lieu dans la commune de Dixinn à Hafia. Un quartier populeux. Depuis années, un nombre inconnu de femme sont passés dans le Ghetto sordide d’Alseny Sacko. Un faux guérisseur aux pratiques choquantes face à des victimes désespérées.

« C’est un violeur à série, quand il vient chez toi ou tu te déplace pour le voir, il te dit de te déshabiller, il rentre sous le drap, il insère un morceau de viande en toi. Mais avant de faire cela, il te dit d’abord que tu dois mouiller avant qu’il ne sorte la maladie sur toi. Après il prend son téléphone pour te montrer une image en te disant que c’est ce qui est sorti sur toi ». Se désole une des victimes d’Alseny Sacko

Les victimes de ce type sont malheureusement nombreuses. Pire la majorité d’entre elles n’oseront jamais révéler le sacrifice ultime qu’elles ont été amenées à consentir en vain.

Ces faits rappellent aussi les abus qu’Emile Niankoye Kolié, autre imposteur infligeait jusqu’à son arrestation à celles qui espéraient trouver auprès de lui le salut.

Les révélations sur le calvaire des femmes en quête effrénée d’enfant auprès des tradithérapeutes ont commencé l’année dernière par N’nah Fanta Camara déjà condamnée.

Le psychanalyste et écrivain Alhassane Chérif parle de pression sociale subie et d’un manque d’exemplarité.

« Une femme qui désire un enfant est prête à tout et cela quelque soit son niveau intellectuel. Il faudrait une sensibilisation plus grande sinon les femmes risquent de tomber dans des situations plus graves. Il ne suffit pas de les arrêter, les montrer sur les médias, ils doivent servir d’exemple pour ne pas que cela se répète. En peu de temps, il y’a eu 2 autres cas qui ressemblent à celui de N’nah Fanta. Donc tout dépendra de la sanction qui sera infligé à ces faux médecins ».

Dans nos sociétés, avoir un enfant est une obligation du mariage. Sur les femmes, la pression est particulièrement forte. Certaines tentent alors le diable. Les vertus de la médecine traditionnelle sont sollicitées. Les médecins spécialisés dans la prise en charge des problèmes de reproduction des femmes sont pourtant de plus en plus nombreux dans nos centres hospitaliers. Mais leur voix ne porte pas dans la mise en garde contre la médecine traditionnelle. Les risques de perturbation de la maternité sont élevés. Entre la pression sociale dans les foyers, l’ignorance, le manque de réglementation et la tolérance ou le laxisme de certains responsables face à certaines formes de crimes organisés, la Guinée doit se révéler. Les femmes sont encore fragiles dans le pays. Elles ont besoin de plus de protection surtout.



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Journaliste, Correspondante à Conakry


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