Les réformes constitutionnelles Au-delà des considérations personnelles : Alexandre Naïny BERETE

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Le débat sur le changement constitutionnel continue de faire la une des journaux et des réseaux sociaux en Guinée. Deux camps s’affrontent tous les jours. Les « antis et les pros » de (modification constitutionnelle), chacun défendant son camp avec les  armes dont ils disposent. Dans une publication de nos confrères de Mosaïque Guinée du 24 Avril Alexandre Naïny BERETE apporte sa petite contribution à travers des explications claires

« Le président Barack Obama affirmait en 2008 au Ghana, dans un speech somme toute historique que « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ». Il a sans doute raison, car l’expérience a montré que quel que soit la rigidité d’un système bâti autour d’un homme, ce système s’effondrerait dès lors que cet homme n’est plus.

Lors du congrès fondateur des États-Unis d’Amérique le 17 septembre 1787, les pères fondateurs de la première puissance mondiale ont préféré leur pays à des ambitions catégorielles et personnelles, ils ont eu la brillante idée de doter leur pays d’un texte qui défiera le temps. Ce temps leur a bien donné raison, puisque la constitution américaine, nonobstant ses 27 amendements apportés par différents régimes, est aujourd’hui la même qu’il y a plus d’un siècle.

Ainsi, l’on entend régulièrement du côté des partisans du pouvoir qu’ils souhaitent apporter une réforme politique faisant définitivement rentrer le président de la république actuel dans la postérité de notre pays. C’est une position en soi qui peut se défendre, mais à condition que cette réforme constitutionnelle ne soit pas faite en fonction des considérations d’une personne, fût-elle président de la république. La seule voie, à mon avis, qui puisse permettre à l’actuel chef de l’État de basculer définitivement, comme l’ont été Georges Washington et ses camarades avant lui, dans la postérité éternelle est de réformer le pays en se retirant au terme de son mandat laissant la place à d’autres personnes de continuer le chemin qu’il a tracé.

Chemin faisant, je conseillerai au président de la république que s’il souhaite vraiment réformer le pays institutionnellement avant de se retirer en 2020, il doit maintenant plus que jamais sortir de son silence et de son ambigüité en appelant toutes les forces vives du pays  à une grande concertation nationale. Car je pense comme des milliers de guinéens que notre pays doit en finir avec le cycle permanent d’élections et son lot de malheurs et de contestations violentes. Le pays a besoin d’être réformé, cela doit se faire dans la plus grande transparence avec tous les fils et filles du pays.

Mais avant tout, il serait peut-être temps pour les guinéens notamment la presse de se mettre à la hauteur des enjeux du moment, de ramener le débat à la raison, de le dépassionner, en discutant sans tabous sur les vraies questions  »

Source Mosaïque Guinée



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