Changement constitutionnel : Le peuple n’a pas « accepté de mourir » pour qu’un homme politique puisse être au pouvoir à vie : Dixit maître Traoré

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Le RPG  parti au pouvoir a annoncé il y a quelques jours leur volonté de changement constitutionnel afin de permettre à leur champion Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Après cette déclaration, des voies se sont levées pour condamner ce « coup d’état constitutionnel » qui se profile à l’horizon. Maitre Traoré l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, a tenté de rappeler la lutte menée par Alpha Condé contre Lansana Conté pour la démocratisation du pays, tout en l’invitant à respecter la mémoire des personnes tuées pour ce sacrifice patriotique  en respectant l’ordre constitutionnel.

…Le peuple guinéen, non seulement a réclamé haut et fort le départ du général Lansana Conté, mais il a accepté de mourir pour précipiter ce départ et enclenché le changement. Les premières préfectures où le peuple chassa les préfets furent Dalaba et Pita dans le Fouta. S’il s’était agi de Siguiri en Haute-Guinée, on aurait dit << ce sont les extrémistes d’Alpha Condé qui mènent la révolte >>. Or, Dalaba et Pita vont donner le ton et les autres préfectures suivront. Donc, c’était l’écrasante majorité des Guinéens qui exigeait le changement. Cela faisait plus de vingt ans que nous nous battions pour ce changement et pendant longtemps le pouvoir avait stigmatisé le RPG, l’enfermant dans l’image d’un parti malinké ou d’un parti violent etc. Dieu en soit remercié, le peuple venait de dire << Le RPG avait raison>> « .

 » …les manifestants venaient des forces vives, des partis politiques dont un très gros contingent de militants du RPG. C’est essentiellement l’opposition politique qui a encadré les populations, appuyée par les étudiants et les enseignants chez lesquels la tradition contestataire est restée très vivace. Quant aux victimes de la répression-tuées, blessées ou arrêtées- elles sont presque toutes des partis politiques »

« La faiblesse de la lutte en Guinée était la peur. Durant cette semaine du 11 février 2007, la peur a changé de camp. À Conakry, sous le feu des balles, les manifestants avançaient, des cadavres sur les épaules, lançant<<Allah Akbar>>( Dieu est le plus grand). Des nouvelles de plus en plus tragiques arrivaient de partout, des morts à Kissidougou, des morts à Macenta, des morts à Queckédougou…L »Armée tirait, le peuple ne pliait pas. »

Extraits de « Alpha Condé, un Africain engagé », Entretiens avec Jean Bothorel.

Tous ces sacrifices, c’était pour obtenir le changement qui signifie aussi l’alternance et une véritable démocratie. Le peuple n’a pas « accepté de mourir » pour qu’un homme politique puisse être au pouvoir à vie. Remettre en cause le fruit des sacrifices que le peuple a ainsi consentis serait manqué de respect à la mémoire de toutes ces victimes.



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