Opposition contre le troisième mandat : lancement de la section FNDC de la Loire Atlantique (France)

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Hier Dimanche, des guinéens opposés au troisième mandat, ont procédé au lancement de la section FNDC de la Loire atlantique. Lors de la cérémonie de lancement, le discours d’ouverture a été lu par le coordinateur adjoint Moralaye Yansané.

Discours.

Chers compatriotes de Nantes et de la Région de la Loire Atlantique

Chers compatriotes africains

Mesdames et Messieurs les présidents des associations

Chers camarades

Je suis très heureux au nom de l’équipe de coordination et à mon nom personnel de vous souhaiter la bienvenue. Merci pour votre présence et votre engagement pour la République de Guinée.

L’évènement qui nous réunit cet après-midi du 16 juin 2019 est la cérémonie du lancement des activités de l’antenne du Front National pour la Défense de la Constitution de la République de Guinée. Il est heureux de constater que notre coordination est la première structure en France à se doter d’un organe dont l’unique objectif est d’empêcher par tous les moyens légaux le tripatouillage constitutionnel en Guinée.

La coordination du FNDC de la Loire Atlantique s’inscrit dans la dynamique du FNDC. Elle partage la même vision déclinée par la coordination nationale à Conakry, qui compte en son sein la société civile et toutes les forces politiques de l’opposition et les mouvements et associations de jeunesse.

Sans ambiguïté ni tergiversation, notre coordination dit NON AU REFERENDUM ET A TOUTE AUTRE FORME DE TRIPATOUILLLAGE CONSTITUTIONNEL DE LA CONSTITUTION DU 7 MAI 2010.

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs,

Notre pays, la République de Guinée est en danger, notre héroïque et vaillant peuple du 28 septembre est menacé par des hommes et des femmes d’un pouvoir celui de M. Alpha CONDE et d’une mouvance politique le parti Etat RPG. Ces hommes et femmes dont les visages sont connus et les agissements sus doivent être stoppés, mis hors d’état de nuire pour la paix sociale et la stabilité politique de notre chère patrie la Guinée.

Ces hommes et ses femmes qui se disent lutter pour la démocratie et la liberté d’expression n’ont aucun respect ni pour la démocratie ni pour la liberté d’expression et toutes les autres libertés qu’ils avilissent depuis 2010, à l’élection de M. Alpha CONDE. Ces citoyens du pouvoir et du « cercle de l’abondance » qui se nourrissent du sang et de l’effort de notre peuple, agissent pour le plonger dans les ténèbres en maintenant un homme âgé et épuisé par l’exercice solitaire et hasardeux du pouvoir à la tête de notre pays sûrement jusqu’à sa mort. Eh bien nous disons NON, NON et NON !

Après neuf années de gestion catastrophique et chaotique de la chose publique caractérisée par l’assassinat de plus d’une centaine de jeunes manifestants ; le détournement et la concussion des deniers publics ; l’ethnicisation de l’administration publique ; la soumission et la transformation de l’armée nationale en une milice ethnique ; la précarisation des populations dans les zones minières et la dégradation avancée de l’environnement de ces zones etc. Ce sombre et lugubre tableau de notre pays est l’œuvre de Monsieur Alpha CONDE et ses gouvernements successifs. Et comme si cela ne suffisait pas, ils tentent désespérément à nous imposer une constitution que nulle ne connaît ni le contenu ni la provenance encore moins les concepteurs.

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs,

Ce funeste et honteux projet ne passera pas. Notre peuple ne se laissera pas imposer une nouvelle constitution dont l’unique finalité est la présidence à vie d’un président grabataire dont la seule réussite est d’empêtrer notre pays dans des dettes colossales et de brader nos gigantesques ressources minières aux multinationales qui ne contribuent même pas au développement local des territoires qui subissent les impacts de l’exploitation minière.

C’est pourquoi notre coordination de la Loire Atlantique réitère son opposition et réaffirme sa détermination pour empêcher le référendum pour une nouvelle constitution.

Notre conviction sur le débat constitutionnel en cours est qu’une nouvelle constitution est inopportune, couteuse, et risque de mener notre pays à une guerre civile qui affectera toute la région ouest africaine.

La plupart de nos juristes et politistes guinéens devrait se pencher aussi sur les conséquences politiques, économiques et sociales sur la nouvelle constitution mais force est de constater que nos experts, pardon j’allais dire leurs experts s’accrochent à la sémantique juridique pour faire dire à notre constitution de 2010 ce qu’elle n’avait pas prévue à savoir la possibilité d’un référendum pour une nouvelle constitution. Notre constitution est claire dans ses dispositions sur la révision constitutionnelle en son article 152 : « L’initiative de la révision de la constitution appartient concurremment au président de la République et aux députés. Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision est adopté par l’Assemblée nationale à la majorité simple de ses membres. Il ne devient définitif qu’après avoir été approuvé par référendum. Toutefois, le projet n’est pas présenté au référendum lorsque le président de la République décide de la soumettre à la seule Assemblée nationale. Dans ce cas le projet de révision est approuvé à la majorité des deux tiers des membres composants l’Assemblée nationale. Il est de même de la proposition de révision qui aura recueilli l’approbation du président de la République ».  En outre, l’article 154, stipule que « la forme républicaine de l’Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’Etat, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision ».

 Cette disposition est un véritable bouclier qui verrouille notre constitution et la protège contre le tripatouillage en tout genre. Occulter ces intangibilités dans les débats et les discours et s’accrocher à l’article 51 relève de la mauvaise foi ou simplement du ‘’mercenariat juridique’’ car l’article 51 est clair et lisible par toutes et tous même les néophytes en droit constitutionnel  et il stipule que « le président de la République peut, après avoir consulté le président de l’Assemblée nationale, soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur la promotion et la protection des libertés et droits fondamentaux, ou l’action économique et sociale de l’Etat, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité. Il doit, si l’Assemblée nationale le demande par une résolution adoptée à la majorité des deux tiers des membres qui la composent, soumettre au référendum toute proposition de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ou concernant les libertés et les droits fondamentaux. Avant de convoquer les électeurs par décret, le président de la République recueille l’avis de la Cour constitutionnelle sur la conformité du projet ou de la proposition à la constitution. En cas de non-conformité, il ne peut être procédé au référendum. La Cour constitutionnelle veille à la régularité des opérations de référendum. Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition, la loi ainsi adoptée est promulguée dans les conditions prévues à l’article 78 ».

Nos experts et autres intellectuels qui contribuent et participent aux débats sur la constitution devraient avoir pour seule boussole dans ces débats l’éthique et la déontologie.

 Au-delà du débat sur la constitution qui de notre point de vue est un débat légitime et qu’aucun citoyen ne devrait être empêcher d’y participer au nom du principe sacré de la liberté d’expression et celle de manifester. Les promoteurs de la nouvelle constitution et nous autres opposés à une nouvelle constitution devront en tout et pour tout mettre la stabilité et la quiétude sociale au-dessus de tout.

C’est pour cette raison que notre coordination appelle à la sagesse et à l’amour patriotique de la Guinée du président Alpha CONDE de dire à ses hommes et femmes engagés dans ce projet suicidaire d’arrêter, de se ressaisir et de faire la paix avec eux et les autres. De se mettre au service de la paix et du développement de notre pays. Le président Alpha CONDE peut mettre fin à ces violences qui commencent à gagner nos grandes villes et nos quartiers de Conakry. En faisant une déclaration solennelle de ne pas briguer un mandat supplémentaire à la fin de son deuxième et dernier quinquennat. Et en veillant scrupuleusement sur les intangibilités constitutionnelles contenues dans notre constitution du 7 mai 2010.

 Il est temps pour le président de comprendre que la Guinée, sa jeunesse et ses populations aspirent à l’instar des autres pays et populations du monde à plus de démocratie et de développement.  Et que s’engager sur la voie d’une présidence à vie est dangereuse et irréaliste dans une Afrique en pleine mutation.

Monsieur le président le monde vous regarde et le jugement de l’Histoire est implacable. Il est encore temps pour vous et les dignitaires de votre régime de se mettre du bon côté de l’Histoire.

Chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs,

Nous profitons de cette rencontre pour remercier et féliciter tous les patriotes guinéens de l’intérieur et de l’extérieur pour leurs fortes mobilisations pour empêcher le tripatouillage constitutionnel.

A nos compatriotes de Nantes et de la région de la Loire Atlantique nos vives et chaleureuses félicitations pour votre disponibilité, votre engagement et surtout votre confiance en la justesse et en la noblesse de notre combat ; le combat pour une Guinée meilleure et démocratique ; une Guinée prospère et reconciliée ; une Guinée de tous les possibles ; une Guinée de nos rêves….

Vive la République de Guinée !

Qu’Allah dans son infinie bonté accorde à notre pays, la Guinée la paix et la prospérité !

Je vous remercie…



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