Consultations Nationales: Je n’ai ni des positions figées ni des positions personnelles à faire valoir dixit I. Kassory Fofana.

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DÉCLARATION DU PREMIER MINISTRE IBRAHIMA KASSORY FOFANA RELATIVE AUX CONSULTATIONS NATIONALES


 Conakry, le 09 septembre 2019

Mes chers concitoyens,

Ma présente communication, fait suite à l’importante adresse à la Nation du 4 Septembre dernier de SEM le Président de la République, le Pr Alpha Condé.

Comme vous le savez, à cette occasion, M. le Président de la République a donné instruction au gouvernement que je dirige d’accompagner et soutenir la Commission Electorale Nationale Indépendante -CENI- et les acteurs électoraux dans la préparation et l’organisation des scrutins électoraux attendus dans notre pays. Monsieur le Président a mis l’accent sur la tenue des élections législatives pendant cette année.

Il a instruit aussi de larges consultations avec les acteurs socio-politiques de la Nation, en vue de recueillir les avis des uns et des autres sur les différentes questions de préoccupations nationales.

Chers concitoyens,

Le rôle qui me revient dans cette démarche est ainsi d’écouter chacun et tous et d’en rendre compte fidèlement, afin de permettre à M. le Président de la République dans sa sagesse habituelle et sa clairvoyance politique d’en tirer les conséquences requises. 

Je tiens à préciser, que ma mission n’est pas d’engager des négociations ou de conduire un dialogue à proprement parler, mais d’être une interface entre les acteurs de la vie nationale et le Chef de l’Etat pour appréhender les grandes tendances de l’opinion publique et avoir ainsi une bonne lecture des différentes attentes.

 Mes chers concitoyens,

En m’assignant la mission d’engager ces consultations, M. le Président de la République voudrait que chacun se fasse entendre et que nul ne soit exclu du processus de la prise de décisions.

Pour M. le Président, comme pour tout démocrate, toute décision qui engage la vie de la Nation et détermine son avenir doit nécessairement tenir compte de la volonté et des aspirations du peuple dans toute sa diversité.

Je tiens à rassurer les uns et les autres que j’aborde ces consultations, en étant conscient des enjeux qui y sont liés et de mes responsabilités.

Je tiens également à rassurer tous les interlocuteurs que dans les consultations que nous sommes sur le point d’ouvrir, l’orientation claire qui m’a été expressément donnée par le chef de l’État est d’écouter avec patience et respect tous les acteurs.

La conviction du professeur Alpha Condé, de même que la mienne propre est, qu’en démocratie et dans un Etat de droit, chaque citoyen a droit à la parole. Et c’est un devoir sacré de nous les gouvernants d’en tenir compte.

En effet, dans le débat politique, comme c’est la règle dans tout régime démocratique et comme nous l’exige aussi la liberté d’expression, il ne saurait y avoir de sujets tabous et des citoyens interdits de parole. Oui, chaque guinéen a le droit et la liberté de dire ce qu’il veut ou ne veut pas pour le pays.

Mes chers concitoyens,

Vous aurez compris que pour ces consultations avec les différentes composantes de la Nation, je n’ai pas de préjugés. Je n’ai pas de certitudes. Je n’ai ni des positions figées ni des positions personnelles à faire valoir.

Non, mon but ne sera pas d’imposer des choix, ou de négocier ou annoncer des décisions déjà arrêtées. Mon but ne sera pas non plus de partager des positions ou des convictions personnelles, d’orienter ou influencer les opinions ou les prises de position des différents acteurs à consulter.

Mes chers compatriotes,

Au nom de M. le Président de la République, de son gouvernement que j’ai la responsabilité de diriger, et dans l’intérêt supérieur de notre peuple que nous sommes tous engagés à aimer et servir, défendre et protéger, j’appelle solennellement tous les acteurs invités aux consultations à saisir l’occasion qui leur est ainsi offerte de partager leurs avis et positions sur toutes les questions d’intérêt national.

Chacun des invités recevra, dans les heures à venir, sa lettre d’invitation.

Mesdames et Messieurs les acteurs concernés par les consultations que je me prépare à conduire, je réitère l’appel du Chef de l’Etat, à l’invitation que j’ai l’honneur de vous adresser. Car, il s’agit de parler de la Guinée, notre Guinée et de son devenir. Personne, parmi nous, ne doit se dérober à cette responsabilité civique exaltante.

Nous devons cela à notre pays. C’est pendant les heures difficiles qu’on reconnait les grands hommes, et l’histoire a montré sous tous les cieux, notamment en Afrique, que refuser le dialogue, c’est se détourner du peuple et de ses préoccupations fondamentales et l’exposer à tous les risques et à tous les dangers aux conséquences souvent fâcheuses.

Mes chers concitoyens,

Comme l’a rappelé le Président de la République, pour nous mettre, chacun devant ses responsabilités, et nous toucher au plus profond de notre âme de patriote, la Guinée est à un tournant de son histoire.

Une histoire, comme vous le savez, qui, par moments, nous offre des motifs légitimes de fierté. C’est le cas pour notre rôle de pionnier dans les indépendances africaines. Une histoire difficile aussi qui nous interpelle parfois, à cause de tous les manquements à nos devoirs et à nos responsabilités dans les épreuves nombreuses et souvent douloureuses subies par notre peuple.

En tout état de cause, nous devons tirer de toutes les péripéties de la vie de notre Nation qui n’a pas toujours été « un long fleuve tranquille”, toutes les leçons, toute la force, toute l’inspiration et toute la sagesse pour continuer de bâtir dans la paix, la sérénité, la responsabilité, et la concorde nationale, un avenir de partage et de générosité.

Mes chers concitoyens, à travers les consultations souhaitées par le Chef de l’État, nous avons l’opportunité de nous écouter et de nous parler dans un cadre approprié et formel, ainsi que dans un climat de sérénité, dans le respect des principes sacro-saints de la République et des valeurs cardinales de la démocratie.

 Mes chers compatriotes,

Le monde a changé, la démocratie évolue. Partout, on assiste à un conflit entre les droits reconnus à chacun et tous et les devoirs qui vont avec: le commun vouloir vivre ensemble, la stabilité et la sécurité de nos États et la paix pour nos populations. 

Mes chers concitoyens,

Le monde nous regarde, chacun d’entre nous fait face à sa conscience, à ses responsabilités, chacun d’entre nous est devant le jugement de l’histoire.

Pour dépasser nos contradictions et renforcer la confiance entre nous guinéens appelés à vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire, il n’y a pas d’alternative au dialogue qui, comme aimait à le souligner, un grand homme africain, est l’arme des forts, j’ajouterai, la marque des grandes nations.

Que Dieu bénisse la Guinée et les guinéens,

Vive la République,

Je vous remercie.

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement



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