28 Septembre 1958, 28 Septembre 2009, Cinquante et un ans séparent ces deux dates

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Jusqu’à ces tragiques événements de 2009, la date du 28 Septembre évoquait chez nous guinéens, un sentiment de fierté nationale, une date qui symbolisait notre refus de l’oppression, de l’occupation, notre nouveau départ en tant pays libre.

Il aura fallu la folie, l’ignominie d’un groupe d’homme assoiffé de pouvoir pour ternir à jamais le sens de cette date dans nos souvenirs Ceux qui ont tiré sur des civiles ce 28 Septembre 2009 et les donneurs d’ordre sont encore en liberté comme si de rien n’était. Pendant ce temps des victimes pour les plus chanceux d’entre eux qui n’ont pas perdu la vie ce jour-là mais dont les blessures restent encore vives pour les uns et les cicatrices traumatisantes pour les autres, ceux-là sont abandonnés à eux-mêmes. Aucune justice, aucune consolation, aucune solidarité républicaine, aucune réparation

« L’impunité ouvre la voie à une répétition du crime » disait un sage homme

Si nous voulons construire un état civilisé où il fait bon vivre, il faut que la vie humaine soit entourée d’une sacralité. Il faut que nous apprenions à rendre justice lorsque des citoyens sont victimes des mains des détenteurs du pouvoir public car il n’y a nul doute que la responsabilité de l’état est directement impliquée dans ces crimes-là.

 Pourquoi jusqu’à maintenant dix ans après, les choses restent en l’état ?

Pourquoi aimons-nous nous gargariser d’être un pays souverain, moderne, civilisé et en même temps couvrir des crimes abominables, les mettre sous le tapis en espérant que le temps viendrait les balayer pour les faire oublier à jamais ?

Des crimes d’état en Guinée il y en a eu de nombreux, je ne vais pas ici en faire l’inventaire car nous les connaissons tous lorsque nous sommes un minimum dotés d’une bonne foi et d’une humanité plurielle

Je ne vais pas non plus dresser une hiérarchie entre ces crimes mais je dis à juste titre que ces crimes qui datent déjà de 10 ans et dont nous commémorons aujourd’hui la dixième triste anniversaire à marquer les esprits par leur violence, la méthodologie mise en place pour les commettre, et aussi par l’espoir de justice qu’ils ont suscité chez les guinéens. Pourquoi l’espoir fut grand ? Tout simplement parce que ces martyrs tombés ce jour-là ont permis de mettre fin à un pouvoir militaire et avec elle, une dictature qui se profilait à l’horizon. Ils permirent également l’arrivé au pouvoir d’un civil et pas n’importe quel civil : UN PROFESSEUR DE DROIT ou supposé tel

Très malheureusement le constat n’est pas reluisant

Après dix ans et toujours pas de justice rendue, les guinéens ont déchanté, sont désemparés, ravalent impétueusement leurs soifs de justice mais ce peuple ne désespère pas pour autant de voir ce procès se tenir, les coupables mis derrière les barreaux, les victimes reconnues et indemnisées afin que plus jamais  pareilles barbaries ne se produisent dans notre pays

En ce jour anniversaire de ces crimes ignobles, je m’incline humblement devant la mémoire de ces braves « sofas » de la démocratie mais aussi devant la mémoire de toutes les victimes des crimes d’état dans mon pays la Guinée y compris ceux fauchés par le pouvoir d’Alpha Condé à Conakry sur l’axe Bambeto -Wanindara, à Boké , à Zogota, et d’autres localités du pays

Que leurs âmes reposent en paix mais surtout que justice leur soit rendue

  Kandjoura Camara  Citoyen guinéen



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