La dot, coutume indispensable ou moyen d’extorsion du gendre ?

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Selon les cultures traditionnelles africaines, avant de pouvoir amener une jeune femme à la mairie, à l’église ou à la mosquée, il faudra d’abord la doter auprès de ses parents. C’est une étape quasi-obligatoire qui est symbolique et sacrée pour plusieurs cultures. Mais les temps changent et les mœurs et coutumes en font de même. Aujourd’hui, la dot traditionnelle est devenue un moyen de se faire de l’argent, beaucoup d’argent. Car selon certains parents, si l’homme est vraiment intéressé leur fille, il ne reculera devant rien pour obtenir sa main. Dans le cas de la dot, ce sont de très longues listes de choses à payer pour la famille.

Une situation que déplore Nazaire Sado, élu local au Bénin, qui s’inquiète depuis quelques années à la montée en flèche des dépenses liées aux cérémonies de la dot dans son pays. « Pour exister à côté du riche, le pauvre est obligé de se plier en deux, en bradant parfois ses biens ou en s’endettant pour doter sa future épouse », dit-il à Franceinfo Afrique. L’habitude de monétiser la dot s’est répandue aux quatre coins du continent. Sauf au Sénégal où la dot n’est exigée que si les époux le décident selon la loi coutumière. Il devra alors payer que 3.000 franc CFA attribués à l’épouse et 15.000 franc CFA pour convoler en justes noces.

Mais la réalité en est tout autre : le prix de la mariée atteint parfois plusieurs millions de francs CFA. Ibrahima qui s’est marié en 2018 a fait les frais de cette pratique folklorique. « J’ai apporté une dot de 500.000 francs CFA à ma fiancée. Mais son père m’a rendu ma dot. Il me réclamait 1.000.000 de francs CFA pour sa fille cadette », explique-t-il. Un mariage dont il dit avoir gardé un mauvais souvenir. « Le malheur, c’est de tomber amoureux d’une fille dont les parents ne jurent que par l’argent », ajoute Moussa, un autre jeune sénégalais qui a dû renoncer à prendre pour épouse sa compagne.

Plusieurs hommes et femmes crient leur ras-le-bol sur les réseaux sociaux et dénoncent une pratique archaïque. Selon certains, c’est une coutume qui avilit la femme et qui encourage les violences conjugales. « La marchandisation de la femme crée parfois des problèmes après le mariage. Certains hommes pensent que la dot dont ils s’acquittent leur donne le droit de vie et de mort sur leurs femmes », reconnaît Nazaire Sado. Ce qui pourrait susciter dans l’esprit des détracteurs de cette coutume le désir de la voir supprimée. Mais tout le monde ne serait pas de cet avis. C’est le cas d’Isabelle A. Anani, professeur à l’université d’Abomey, qui fait remarquer que même dans les pays où la dot est formellement interdite par la loi, en occurrence la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, elle est pratiquée au vu et au su de tout le monde.

Si certains comme Nazaire Sado sont pour la réglementation de la dot par l’établissement d’un plafond financier à ne pas dépasser, d’autres comme Isabelle Anani sont pour qu’on confie cette étape aux futurs mariés pour qu’ils décident eux même de faire la dot ou non.

 Source http://negronews.fr/afrique



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